L’endurance

Endurance: Aptitude à résister à la fatigue, à la privation, à la souffrance, qui, contrairement à la résistance, est le résultat d’un certain entraînement et n’est pas que physique, mais aussi morale. (Antidote)

3 ans.

4 versions.

Près d’un million de signes.

Dont ne subsisteront que 450 000 (bien choisis).

Espaces comprises.

Peut-être.

Si la bouteille  à la mer trouve ensuite son destinataire.

Probablement que j’écris très – trop – lentement. Ou trop tout court? Que j’ai besoin de vérifier chaque rouage, chaque pilier de mon histoire. Que je veux trop en faire – tout doit être serré, cohérent, meilleur qu’il y a trois ans, un mois, deux semaines. J’ai encore beaucoup à apprendre.

Et puis il y a le GAP. Entre ce que je veux faire et ce que je fais vraiment.

 

Alors, je m’entoure. Merci à mes bêta-lecteurs qui me relisent, me critiquent, me réorientent quand je m’éloigne de mon azimut. C’est grâce à vos remarques que le gap se réduit – j’espère.

Je parle de façon sibylline de La Vouivre, mon roman en cours (depuis un petit temps déjà). C’est un texte dont j’ai eu les premières intuitions en 2012. J’ai retrouvé récemment – en préparant une rencontre en classe – le premier cahier dans lequel j’ai noté mes premières idées la concernant:

Manoir isolé, domaine en ruine, une mère et une fille y vivent recluses.

C’était tout. C’était en réunion au FIFF, j’y étais pour la SACD. Il faut croire que les idées me viennent dans des moments où je suis (vraiment) censée faire tout autre chose.

Cette petite intuition, je l’ai arrosée entre chaque tome des Chroniques des Hémisphères. Et puis, en juin 2015, je suis allée Au Diable pour commencer à l’écrire. J’ai clôturé un premier jet de 180 000 signes à la fin de ma résidence et je suis revenue avec la ferme intention d’aller creuser cette histoire pour voir  à quoi ressemblait la partie immergée de l’iceberg.

Entre autres projets, je revenais à ce texte, une version, deux, trois… Avec la conviction qu’il me cachait encore quelque chose.

En trois ans, j’ai écrit d’autres projets qui m’ont permis de respirer dans  La Vouivre: j’ai suivi des formations qui ont approfondi mes connaissances en narratologie et dramaturgie, j’ai rencontré des auteurs et lu des livres qui m’ont éclairée sur ma façon de travailler. Tout cela a impacté mon écriture, bien évidemment.

Je pense qu’aujourd’hui, La Vouivre m’a tout révélé. Et maintenant, c’est moi qui m’essouffle dans les quelques derniers mètres à grimper (à creuser?) pour franchir la ligne d’arrivée, le mot « Fin ». Le vrai. Celui qui est le point final de mon travail de l’ombre et qui donne le départ du partage vers des lecteurs potentiels.

Il ne reste pas grand-chose à faire, si je regarde en arrière tout ce que j’ai déjà fait. Mais c’est minutieux! Et je suis plus architecte qu’orfèvre.

Mon cap pour les prochaines semaines:

  • Rédiger deux maillons manquants de l’intrigue (deux grosses séquences quand même);
  • Revoir les scènes d’action parce qu’elles sont faibles;
  • Corriger le texte avec les remarques de mes bêta-lecteurs;
  • Valider les dialogues;
  • Disséminer ce qui semble être des détails pour verrouiller les préparations;
  • Ouvrir une bouteille de champagne.
  • La boire.

La to-do-list est claire. La deadline que je m’étais fixée s’approche. Reste le dernier sprint. J’ai jamais été bonne sprinteuse, mon prof de gym à l’école me le disait déjà. J’ai une musculature d’endurante.