Archéologue – 2ème phase « Tu creuses »

« Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. »

C’est juste pour le plaisir de voir Clint jeune.

C’est rare quand j’arrive à tenir la longueur du challenge du <Nanowrimo>.

C’est la deuxième fois que je vais au bout des 50 000 mots. La première, c’était en 2014 avec une version préhistorique de La Machine. La seconde, cette année avec une version plus aboutie du projet!
Voilà, j’ai franchi le quota pour remporter ce challenge! Et j’ai appris plusieurs choses.

D’abord, que cette matière préhistorique de 2014 se retrouve à peine dans ce nouveau travail. Les intentions s’y retrouvent.
Je veux toujours écrire une histoire où deux personnages qui s’aiment à en mourir se retrouvent dans les deux camps opposés d’une sanglante guerre civile.
Je veux toujours écrire une histoire où ce sont les dilemmes entre les valeurs qu’ils défendent et leur survie qui soient au centre.
Je veux toujours écrire une histoire où il y a de l’action, des conspirations, des alliances, des complots, des trahisons.
Et donc, cette première version de 2014 ne verra jamais le jour – elle va rester dans mes tiroirs et c’est très, très bien.

Ensuite, que mes premiers chapitres sont bien calibrés: je les sens bien, je les vois, les personnages sont précis dans leurs actions, leurs intentions, leurs émotions. D’ailleurs, je les ai écrits très vite! Mais plus j’avance dans le récit, plus cela devient flou car ils sortent de leur monde connu pour entrer dans celui de l’aventure. Ils rencontrent d’autres personnages que je n’ai pas encore assez bien cernés, des lieux que je n’ai pas assez bien explorés.
Et donc, il va me falloir repasser un coup dans la construction pour nourrir le monde dans lequel se passe l’histoire. Le truc, c’est que la rédaction elle-même m’a déjà apporté beaucoup de réponses. Et que je dois ordonner ce système pour qu’il soit cohérent.

Comment ai-je fait pour aller jusqu’à 50 172 mots, alors? J’ai continué à rédiger, même en laissant des moments de flous où j’ai écrit de manière Nota Bene à moi-même, et en reprenant la rédaction au moment où je sentais que j’étais plus sûre de moi.
Exemple: « [Ici, il faudra retravailler les intentions de Tic et de Tac, pour qu’ils en viennent à la conclusion qu’il faut attaquer la banque à coups de confettis.] » Et du coup, j’ai écrit le braquage de la banque à coups de confettis en laissant ce maillon à retravailler plus tard.

J’arrive donc à un amas de 50 172 mots qui ne peuvent avoir de cohérence que pour moi. Le travail du mois de décembre sera d’observer cette esquisse pour en faire sortir le squelette.

Si je reprends la métaphore de l’archéologue, pendant ce mois de novembre, j’ai extrait un bloc de terre dans lequel je sais qu’il y a quelque chose à trouver. J’ai creusé tout autour pour atteindre les limites de ce bloc, j’ai commencé à l’attaquer au burin, et je commence à voir qu’il me réserve quelques surprises que je n’aurais pas pu envisager si je n’avais pas été dans le flux.

Comme:

  • 50k mots ne seront vraiment pas suffisants pour raconter cette histoire, j’en suis à la grosse louche, à mon avis, à la moitié de ce que ça va me demander.
  • Dans la grande structure de mon récit, il y a trois sous-structures, trois grandes parties qui ont leur propre popote interne. J’aurai plus d’aisance si je calibre chacune de ces parties, l’une après l’autre, plutôt que d’envisager une seule grande histoire sinon je vais à chaque fois avoir un super début, une super fin, et entre les deux, l’horrible ventre-mou.
  • Un personnage que j’avais supprimé a décidé de revenir en force, et avec des traits beaucoup plus marqués, un objectif beaucoup plus clair.
  • Et surtout : damn, le début de mon récit est bien bien plus tôt dans l’histoire, et ça déplace toute ma structure.

Il y a quelque chose de vraiment palpitant à commencer à avoir toute cette matière. De quoi bosser! Je préfère réécrire qu’écrire. La phase du burin-marteau-pinceau, burin-marteau-pinceau, commence!